Quels enjeux pour le tourisme de montagne ?

 e-tourisme de montagneA l’heure où les stations françaises attirent une clientèle internationale (53,7 millions de journées-skieurs par an) celles ci sont de moins en moins prisées par les Français, MKG Hospitality fait le point sur les dernières tendances du tourisme de montagne en France dans une étude détaillée. Parmi les faits marquants, l’évolution différenciée des clients Français et étranger, nous pouvons constater une baisse de la demande de ski mais une augmentation de la demande en hébergement, l’offre d’hébergement de montagne, est dominée par les résidences de tourisme et les locations d’appartements meublés.

Une demande internationale soutenue, une clientèle française en recul

Les stations françaises enregistrent une proportion importante de clients étrangers sur les pistes, celle-ci représente plus de 30% des journées-skieurs réalisées, une part qui reste toutefois inférieure à celle enregistrée par les destinations de ski concurrentes en Europe telle que l’Autriche ou la Suisse, où plus de la moitié des journées-skieurs voire les deux tiers sont générées par des clients internationaux, même si cette part très élevée s’explique largement par le poids de l’Allemagne voisine et la taille relativement de leurs marchés locaux respectifs. Derrière ces deux marchés, les stations françaises sont parmi les plus internationalisées au monde.

Mais la clientèle française est bien présente et encore majoritaire en montagne, malgré une diminution au cours des dernières années. Le nombre de journées-skieurs en France a diminué entre 2012 et 2014 et stagné sur la décennie écoulée, même si les données de l’étude MKG révèlent des tendances clairement différenciées entre les massifs, entre Alpes du Sud et du Nord. La part de marché de la montagne s’est réduite et particulièrement dans les séjours des stations, pour motifs personnels des Français,. Entre 2008 et 2012, le nombre de séjours et de nuitées réalisés dans les stations de montagne a enregistré la plus forte baisse de tous types d’espaces confondus, au proUne demande internationale soutenue, une clientèle française en reculfit des courts séjours en ville ou encore des voyages à l’étranger qui se développent. En effet, dans un contexte économique morose, la montagne en hiver et l’activité ski représente des séjours onéreux, accessible uniquement par une clientèle aisée. Les catégories socioprofessionnelles supérieures (cadres, professions libérales) sont ainsi plus présentes dans les stations de montagne que dans d’autres destinations de vacances.
A l’inverse, la clientèle étrangère voit leur fréquentation progresser. Les Britanniques pèsent pour plus d’un tiers des journées-skieurs, et ont un impact important sur le marché des stations françaises. Or, leur présence avait reculé au cours de la crise mais, portés par une meilleure santé économique, les Britanniques ont commencé à revenir plus nombreux lors de la saison 2013-2014. Si cette tendance se prolonge, le poids de la clientèle britannique aura des répercussions sur l’ensemble du marché.
Les Russes représentent moins de 5% de la clientèle en moyenne nationale, mais affichent des progressions annuelles à deux chiffres sur la période récente, même si la saison 2014/2015 pourrait marquer une pause temporaire de cette tendance ; Contexte géopolitique et économique défavorable, avec la chute du rouble et la crise ukrainienne.

Une baisse de la demande pour le ski mais une augmentation de la demande en hébergement

residences tirer par nuitL’essentiel des 26 500 hectares de zones skiable en France se concentrent dans le massif Alpin, qui accueille 86% des journées-skieurs réalisées grâce à la présence des plus grandes stations du territoire. Alors que le nombre de skieur en France est globalement stagnante ou en baisse depuis l’année 2000, la clientèle étrangère est particulièrement présente dans les Alpes. Cependant, les plus grandes stations françaises ne sont pas épargnées par la baisse pendant les années de crise : entre 2009 et 2014, dix-huit des trente premières stations tous massifs confondus ont vu leur nombre de journées-skieurs reculer.

En dépit de ces évolutions à la baisse des skieurs, le nombre global des nuitées réalisées dans la montagne française est resté stable voire positive. Dans les Alpes, le nombre de nuitées a progressé plus rapidement que la fréquentation des pistes entre 2005 et 2012. Ce paradoxe entre une diminution des skieurs et une demande croissante d’hébergement s’explique notamment par une diversification de l’offre dans les stations, qui cherchent à ne plus apparaître uniquement comme une destination de ski. Les investissements récemment réalisés par les stations concernent en partie l’amélioration des infrastructures et des domaines skiables, mais également, la réalisation de nouveaux équipements de loisirs pour combler le mauvais enneigement.

L’augmentation du nombre de nuitées profite à l’hébergement de montagne : la clientèle étrangère est plus importante au sein des hôtels. Cette proportion varie d’une saison à l’autre : Plus élevée en hiver lorsque les voyageurs étrangers arrivent pour les sports d’hiver, mais aussi en été. Les trois nationalités majoritaires sont les anglais, néerlandais et belges, de même en hiver. Les Russes sont souvent plus présents dans les commerces et moins sur les pistes, les Russes sont quatrième au classement de la clientèle étrangère et représente la plus forte croissance au cours des 5 dernières années. Cette clientèle Russe est maintenant devenue une clientèle saisonnière tels que les Allemands.

Résidences de tourisme : Hébergement alpins emblématiques

residences neigeL’hébergement touristique représente toutefois une part minoritaire dans l’offre d’hébergement en montagne. La montagne française (en station et hors stations) compte plus de 5 millions de lits, dont 1,6 million sont en stations. Environ 3/4 des stations sont des chambres non-commerciales, ce sont des résidences secondaires qui restent vides et ne sont pas disponibles à la location. Les résidences de tourisme se classent première ou deuxième en termes de logements commerciaux ainsi que les appartements meublés, selon le département, les hôtels traditionnels ne représentent qu’une part équivalente à celle des complexes de vacances et terrains de camping (moins de 4% des lits). Dans les stations de Haute-Savoie, les locations meublées constituent souvent un volume plus élevé de réservation que celle des résidences, alors que l’inverse peut être observée en Savoie. L’offre des résidences et hôtels, représentent plus de 80% des propriétés dans les Alpes, qui devrait se développer de manière très différente à travers la décennie.

La montagne a été une destination de loisirs, comme le littoral, un lieu de développement privilégié des résidences de tourisme, type d’hébergement dont la vocation initiale ciblait une clientèle de loisirs. Les résidences se sont adaptées au profil des clients des stations ; clientèles familiales ou de groupe à la semaine, nécessitant des logements de plusieurs pièces avec toutes les commodités pour le séjour. Favorisé par des dispositifs fiscaux incitatifs, ce type d’hébergement a connu une croissance d’offre à deux chiffres en montagne entre 2007 et 2013, alors que dans le même temps l’hôtellerie chutait de manière marquée dans cet espace. L’offre des résidences sont concentrée dans les stations, alors que l’offre hôtelière de montagne se situe principalement hors station.

L’industrie l’hôtelière propose, généralement des hébergements d’hôtels traditionnels. Les chaînes hôtelières ne sont pas très présentes dans les zones de montagne, et affichent le taux le plus faible par rapport à d’autres types de destination. A l’inverse, le marché de la résidence semble bien structuré, dominé par différentes chaînes de résidences, les opérateurs majeurs sont présents dans tous les types de destinations ; Urbain, montagne et littoral avec leurs différentes marques : Pierre & Vacances et Maeva, et Odalys avec Lagrange. Certaines petites chaînes de résidence, ont également choisi d’exploiter des propriétés exclusivement dans les montagnes, comme les groupes CGH, Les Montagnettes et Chalets des Neiges. En termes de logement, les résidences de tourisme ont deux fois plus d’appartements que les hôtels ont des chambres, avec cinq lits par logement en moyenne, ce qui signifie, plus de lits par rapport à d’autres types de destination.

Enfin, en raison de l’évolution récente des résidences, les touristes bénéficient  généralement d’un meilleur service de qualité que les hôtels, surtout dans les Alpes et les Pyrénées.
Les destinations de montagne restent des destinations préférées pour les résidences en développement, ainsi l’aménagement continue de croître, mais plus lentement: environ 6.400 nouveaux lits ont été ajoutés au cours des deux dernières années.
La tendance actuelle dans les stations de ski est de renouveler l’offre de loisirs dans le but d’offrir plus de ski avec un large éventail d’activités alternatives, c’est le principal moyen pour les stations d’enregistrer une augmentation durable de nombre de nuits. Précisément pour les hébergements touristiques des stations qui ont souffert de la crise, celles ci, pourraient s’améliorer à condition d’un redressement durable de la demande intérieure, compte tenu des augmentations qui ont déjà été enregistrées auprès de la clientèle internationale, qui représentent une part devenant plus importante de la demande mondiale.

Source : Hospitality ON

Voir aussi :

Les meilleures pratiques de l’hôtellerie de montagne

 

 

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